Saint-Benoît-Joseph Labre (St Hilaire Lalbenque)

Saint-Benoît Labre
Une neuvaine loin de ses terres natales, près du cœur des Hommes.

Personne ne s’étonne des neuvaines à saint Benoît-Joseph Labre dans le diocèse d’Arras. Amettes, Conteville et Erin en font mémoire parce que le saint y a vécu. De nombreuses église de la région ont une statue de Benoît parce que c’est un enfant du pays. Mais Saint-Hilaire Lalbenque ? Les biographes ne mentionnent même pas son passage dans cette commune rurale du Lot. Une chose est certaine : en 1895, son curé, l’abbé Bos, revient d’un pèlerinage à Marçay. Il en rapporte une relique et fonde chez lui un foyer de piété pour le saint artésien. Il imagine une neuvaine qui rassemble 2000 chrétiens. Des guérisons et des conversions sont rapidement constatées. L’année prochaine, la neuvaine de Saint-Hilaire fêtera ses 120 ans.
Aujourd’hui, Saint-Hilaire est un hameau de la commune de Lalbenque dans le diocèse de Cahors. Signe des temps, la neuvaine de Saint-Hilaire ne rassemble plus 2000 pèlerins. Mais elle est encore très vivante. Elle se déroule à la fin de la deuxième semaine de Pâques. Depuis quelques années, le prédicateur est un prêtre ou un diacre du diocèse d’Arras. Cette fois-ci, les paroissiens de Saint-Hilaire avaient invité Eric Merlier, curé à Bapaume.
La neuvaine a commencé le jeudi 8 mai. La messe du soir a permis au prédicateur de se présenter et d’expliquer le thème de l’année : Un cœur qui bat au rythme de la solidarité.
Le vendredi après-midi, Eric Merlier et plusieurs chrétiens de la paroisse ont visité des personnes âgées. Les visites étaient manifestement attendues. Juliette attendait dans son fauteuil, un chapelet à la main. Elle avait posé une Vierge de Lourdes sur un napperon blanc. Quand elle a entendu le nom de saint Benoît, ses yeux ont pétillé et elle a dit : Je l’aime bien celui-là. Élise a dit qu’elle sentait que Benoît lui prenait la main pour l’emmener tout doucement vers l’au-delà. Jacqueline ne cachait pas sa joie ni son humour  : « saint Benoît et le Bon Dieu m’envoient plein de grâce. Ils exagèrent  : je ne mérite pas ça.  » Chaque rencontre était bouleversante. Chaque eucharistie déposée dans la main était ressentie comme la présence réelle de Jésus. Les visites à domicile se sont poursuivies après la messe du soir.
Le samedi matin est consacré à un partage de l’Évangile de Matthieu (25) : J’avais faim et vous m’avez donné à manger... La présence de Benoît était palpable dans cet extrait, lui qui était à la fois mendiant et attentif aux pauvres. Une marche était organisée autour du hameau. Elle rassemblait des familles complètes. À chaque étape une animation demandait aux plus petits de trouver un objet qui se rapporte à Benoît : un bâton, une orange, un chapelet et du tissus pour faire un baluchon. Après la messe, tout le monde s’est retrouvé dans la grande salle du presbytère pour un repas partagé. Au bout d’un moment, accordéons et cabrette (sorte de cornemuse) étaient sortis. Le ton était donné.
La messe dominicale marque la fin de la neuvaine. L’église Saint-Hilaire était pleine. Le père Eric Merlier a dit toute son émotion devant une telle passion pour un saint qui est né à 850 km de là. Manifestement, saint Benoît n’appartient pas au gens du Nord. Les Quercynois ont créé leurs propres chants à saint Benoît. L’un d’eux est même en occitan. Benoît interpelle partout, surtout là où on ne l’attend pas. Il a un talent de rassembleur. Grâce à lui, une fraternité solide unit les paroissiens de Saint-Hilaire Lalbenque, ceux d’Amettes et de partout où la dévotion est vivante : à Paris, en Italie, au Canada, aux États Unis...
Le témoignage de Pierre nous offre un joli bilan de la neuvaine. Il se sentait exclu de sa paroisse à cause d’un souci familial. Il est arrivé presque par hasard à Saint-Hilaire. En découvrant saint Benoît, il a compris que l’Église lui tendait les bras. C’était sa première neuvaine. C’était comme une conversion.
Jean Capelain
Texte Diocèse d’Arras

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