Décès de l’abbé Georges Francès

AVIS DE DECES

Mgr Laurent Camiade, évêque de Cahors,
les prêtres et les diacres du diocèse,
sa famille et ses amis,
vous font part du décès de

L’abbé Georges Francès

survenu à Figeac
le 09 septembre 2020 à l’âge de 93 ans
et dans la 68e année de son ordination sacerdotale.

Ses funérailles ont été célébrées
en l’église St Jean Baptiste de Capdenac-le-Haut
le samedi 12 septembre, à 15h30.

- Homélie pour la sépulture du père Francès :

L’abbé Francès est né à Bouco de Payrac le 4 août 1927 en la fête du St curé d’Ars, il s’est éteint le 9 septembre 2020 le lendemain de la fête de la Nativité de la bienheureuse Vierge Marie qu’il aimait tant et en la fête du Bienheureux Pierre Bonhomme (ancien curé de Gramat).

Passionné par le bon Dieu, par les hommes, leur vie et leur histoire, il l’a été dès son plus jeune âge au contact de son curé lorsqu’il servait la messe.

Par le don de sa vie au Seigneur le jour de son ordination le 29 mars 1952 par Mgr Chevrier, il a cherché à aider les Hommes à répondre à cette question qu’il nous a mille fois répété au catéchisme et en homélie : Savoir pourquoi j’existe et où je vais.

Il a commencé son ministère au petit séminaire de Gourdon où il était surveillant et professeur de latin, puis il a été nommé à Capdenac en 1956 pour ne plus jamais en repartir.

Il a cherché à annoncer la Bonne Nouvelle et à sauver les âmes au Nom de Jésus Christ. A cette fin, dans ce village et toutes les paroisses qu’il desservait, il s’est investi pour connaitre chaque famille et chaque nouveau arrivant, proposant de venir chercher les enfants pour le catéchisme si les parents n’avaient pas le temps de les porter. Sa voiture était souvent plus que bondée d’enfants qui étaient heureux de repartir avec l’inoubliable bonbon au caramel en fin de séance. Il portait un soin particulier à faire lui-même le catéchisme avec ces questions et réponses qu’il nous fallait apprendre par cœur. Lorsque le lycée agricole de le Vinadie s’est installé, il en est devenu l’aumônier, allant fidèlement pendant des années rencontrer les jeunes qui s’y formaient. Tel Saint Jean Marie Vianney disant à l’enfant qui lui avait montré le chemin d’Ars au milieu du brouillard : « Tu m’as montré le chemin d’Ars, je te montrerai le chemin du Ciel » notre curé a cherché à être un signe du ciel au milieu de nous.

Il voulait donner aux hommes une raison de vivre, alors proche de la population locale et passionné par l’histoire, il a été un des fondateurs de notre office du tourisme et il a suivi son fonctionnement pendant 30 ans. Ses racines paysannes n’ont jamais quitté son cœur. Il est resté fidèle à sa terre et à sa langue maternelle si bien décrite par le Chanoine Jules Cubaynes. A chaque fois que nous venions le voir au presbytère, qui est digne d’un musé, il était intarissable sur l’histoire du diocèse, des prêtres et de Capdenac. Il était aussi passionné par la vie des saints et il nous en parlait abondamment pour nous montrer des exemples concrets et nous donner un cadre de vie pour notre progression spirituelle.

Au Mas du Noyer, il a restauré et développé le sanctuaire qui lui tenait tellement à cœur. Il était fier d’y avoir accueilli des prédicateurs pour le 15 août qui sont devenu évêque par la suite : dont notre évêque Laurent Camiade. En 1957, il a institué la procession aux flambeaux sur le tour de ville de Capdenac pour faire aimer celle qu’il aimait. Mais surtout chaque 1er samedi du mois, il venait célébrer au Mas du Noyer pour retrouver celle qui était attachée à son cœur et qu’il priait chaque jour avec son chapelet usé par la prière. Cette Mère du ciel lui a permis de traverser bien des épreuves, bien des époques, bien des incompréhensions, bien des modes en
restant lui-même : Monsieur le curé. Il savait, comme le dit Saint Paul dans l’épitre au Romain, que rien, absolument rien ne pourrait le séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ… du moment qu’il se réfugiait sous le voile de la Vierge Marie.

Ordonné bien avant le concile, il l’a reçu en restant fidèle à ce qu’il était et à ce que l’Eglise lui avait enseigné dans l’obéissance à l’évêque. Beaucoup y ont vu une forme de traditionalisme, mais c’était mal le connaître. La Tradition avec un grand T ça c’est vrai. Lui qui étiez féru d’histoire savait que l’Eglise avait vue d’autres tempêtes qui avaient tenté de tout déraciner. Il est resté fidèle, attachée à l’amour des sacrements. A un moment où la sainte messe pouvait donner l’impression de n’être qu’un temps de partage sans dimension verticale, où les confessions disparaissaient… il a été pour un très grand nombre un soutien et un roc, permettant de venir puiser aux sources de l’eucharistie et de la miséricorde de Dieu. Il célébrait comme on lui avait appris au séminaire sans revendiquer que sa manière de faire était mieux que celle des autres.

Proche du peuple de Dieu qu’il connaissait pour vivre au milieu de lui, il a encouragé, réconforté le peuple de Dieu pris dans la tourmente et su coûte que coûte tourner les cœurs vers l’amour de Dieu et de l’Eglise. Combien de mariages a-t-il célébré, de baptêmes a-t-il donné. Combien d’enfants ont fait avec lui leur première communion, leur profession de foi tout de blanc vêtu…

Au milieu des années 80, il a accueilli 5 jeunes qui voulaient faire du scoutisme. Il a mis sa maison à leur disposition pour y faire leur local. Il ne manquait pas de venir les rejoindre dans leur réunion ou dans leur camp, pour y célébrer la messe sur un autel construit avec des rondins de bois. Bien vite, grâce à sa bienveillance, de nombreux jeunes de la paroisse et des alentours deviendront scout à leur tour. Il avait compris que le scoutisme est une école de vie qui forme des hommes solides qui deviendront des familles, des prêtres, des diacres et même des évêques pour l’Eglise de demain. L’un d’eux a dit de lui en apprenant sa mort : «  c’est la première fois que je pleure un prêtre... il est le premier prêtre à m’avoir touché, mon premier père spirituel, il avait béni ma promesse de louveteau, il avait été conseiller religieux lorsque j’étais chef, il avait également béni nos fiançailles, baptisé notre aînée et prié pour toutes les intentions de notre famille. Il fait partie de ceux qui ont aidé à faire de moi ce que je suis aujourd’hui. Il fallait le voir célébrer la messe pour comprendre qu’un véritable prodige s’accomplissait à ce moment-là... »

L’abbé Francès a toujours porté la soutane comme il s’y était engagé au jour où il l’avait reçu. Il disait d’elle : « Elle ne m’a pas ouvert plus de portes que si je ne la portais pas. Elle a sans doute été un témoignage. » Ce n’était pas pour lui un habit de revendication d’un pouvoir ou d’idéologie, mais un vêtement de pauvreté et de miséricorde, de service désintéressé qui l’a toujours distingué de lui-même, comme le disait le Cardinal Christoph Schönborn lors d’une retraite sacerdotale à Ars.

Enfin sa couronne, sa joie : les vocations. Il n’y a pas un jour où il n’ait demandé au bon Dieu des vocations. Tous les premiers vendredis du mois il célébrait l’heure sainte à cette intension… et voilà que le Seigneur l’a comblé : l’abbé Jean-Pierre Rigal (de Lunan), le frère Gaël Millet (de Ournes), l’abbé Philippe Olivier (de Capdenac) et l’abbé Florent Millet (de Ournes) qu’il était heureux de voir partir se former à Paray le Monial, cité du Sacré Cœur, qu’il chérissait tant. L’abbé François Servera (de Vic), l’abbé Jean-Paul Treziéres et bien d’autres prêtres, religieux et religieuses. Sans compter les dizaines de jeunes prêtres de toute la France qui lui doivent leur vocation et la persévérance dans leur vocation… Ils sont très nombreux à avoir manifesté leur prière et à avoir célébré à son intention ces jours-ci et à cette heure où le ministère les retient loin de Capdenac. L’abbé Francès n’était pas sur internet et tous les réseaux sociaux, il n’avait pas de téléphone portable, il ne courait pas les réunions et les rassemblements, il s’est toujours tenu loin de l’agitation, du paraître et des distinctions, mais il a, par sa simplicité, sa fidélité, son amour du bon Dieu et de l’Eglise, soutenu plusieurs générations de prêtres et de séminaristes. Puisse sa mort susciter dans le cœur de nombreux jeunes un grand désir de répondre généreusement à l’appel de Dieu pour lui consacrer leur vie.

Le voilà maintenant face à celui qu’il a aimé et enseigné à aimer, celui dont il a proclamé la mort et la résurrection, celui en qui il a mis son Espérance. Combien de fois a-t-il annoncé la vie éternelle : « Nous le croyons, ceux qui se sont endormis. Dieu à cause de Jésus, les emmènera avec son Fils. Ainsi nous serons pour toujours avec le Seigneur ». Pour dire cela et que cela touche le cœur des gens, il faut être un homme de prière afin que Dieu déborde des lèvres de celui qui parle. Il a cherché à être cet homme de prière, quotidiennement à la chapelle des sœurs où à l’église et cela se sentait à travers sa bonté pour tous.

Il voulait annoncer la Bonne Nouvelle et sauver les âmes au Nom de Jésus Christ, car il savait que seul Jésus est le chemin qui mène au ciel. Ce chemin, il l’a emprunté dès cette terre dans la célébration des sacrements et particulièrement de l’eucharistie quotidienne où, comme le Christ, jour après jour, il a donné sa vie pour le peuple de Dieu qui lui était confié. Il n’a pas cherché d’artifices ou des moyens modernes pour toucher le cœur des gens et les amener à Dieu. Il a prié et fait pénitence et Dieu à fait le reste.

Notre cher abbé Francès, notre curé nous a quitté à la fin de la semaine mariale de Rocamadour, dans un bouquet de fêtes diocésaine : le 8 septembre : la fête de la nativité de la bienheureuse Vierge Marie. Le 9 septembre : la fête du Bx Pierre Bonhomme. Le 10 septembre : la dédicace de la Cathédrale Saint Etienne de Cahors. Le 11 septembre : la fête du martyr de St Jean Gabriel Perboyre et aujourd’hui 12 septembre : la fête du Saint Nom de Marie. Puisse la Vierge Marie et tous ces saints qu’il a tant aimés l’accueillir auprès de Dieu. Continuons maintenant notre prière et demandons au Seigneur de lui donner le repos éternel.

Père Florent Millet,
vicaire général, recteur de Rocamadour

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