Jean-Christophe Parisot, préfet et diacre, est décédé

- Témoignage de Michel Lhommelet :

Merci Jean-Christophe !

C’est avec une grande tristesse et beaucoup d’émotions que j’appris la montée au ciel de Jean-Christophe Parisot de Bayard.

La ville de Cahors a eu, pendant quelques années (trop peu à mon goût), l’occasion de le recevoir et accueillir ce haut fonctionnaire myopathe comme sous-préfet, mais aussi comme diacre. Dans quel "rôle" était-il le plus à l’aise ? pas plus l’un que l’autre je dirai. Dans toutes situations, toutes personnes, en toutes circonstances, il était là, présent dans tout son être, pareillement avec le plus grand comme le plus faible. Le plus faible, il l’a côtoyé dans sa nouvelle mission, comme préfet à Montpellier avec une responsabilité à la hauteur de ce qu’il était : un homme tout donné, dans son cœur et dans son âme.

Rencontrer, écouter, partager, ou bien être, tout simplement avec Jean-Christophe fut un cadeau de la vie pour moi. Je garde de ces moments partagés en sa présence comme une grâce immense.

Malgré sa maladie, émanait de lui comme une force, unique, vraie, sincère. Avec lui, tu ne pouvais pas "faire semblant" ou tricher. Il te désarmait, simplement par le fait d’exister, d’aimer la vie, sa famille, toute personne, Dieu.

Dépendant sans cesse des autres, j’ai admiré son épouse, ses enfants, présents, attentifs et aimants... tous furent pour moi une leçon de vie et d’humilité qui abat toutes les barrières et qui donnent d’aller de l’avant, sans plainte ni lamentation.

Jean-Christophe aimait se décrire comme le "préfet des autres" (il en a d’ailleurs donné le titre à l’un de ses livres) ; Il était serviteur et attentif à tout homme, principalement ceux laissés sur le bord du chemin, oubliés, fragiles.

Comme mère Teresa, il a fait partie des personnes qui ont marquées ma vie. Dans les dernières occasions qui m’ont été données de l’écouter (lors de son départ de Cahors ou du mariage de sa fille), j’ai à nouveau pu savourer ses paroles pleines d’espérance, de foi et de charité.

Cher Jean-Christophe, merci de veiller de là-haut pour tous ceux qui œuvrent au service de toutes les personnes qui ont un handicap, afin qu’elles portent, à ton exemple, un fruit qui demeure, et intercède pour nous auprès de Celui que tu as servi avec passion.

Merci d’exister toujours dans nos cœurs.

Michel Lhommelet


Jean-Christophe Parisot était le premier préfet handicapé de France, il était atteint d’une myopathie et militait depuis toujours pour la cause des handicapés.
Marié et père de quatre enfants, Jean-Christophe Parisot s’est éteint le dimanche 18 octobre à l’âge de 53 ans.

Jean-Christophe Parisot a été ordonné diacre pour le diocèse d’Amiens le 22 juin 2002.
Il est nommé sous-préfet de Cahors et secrétaire général de la préfecture du Lot le 2 septembre 2008, devenant ainsi le premier membre du corps préfectoral en situation de handicap.

Président du CORA de l’Hérault :

En 2010, il arrive dans l’Hérault comme sous-préfet chargé de mission à la cohésion sociale et à l’égalité des chances à la préfecture de Montpellier et devient le premier préfet handicapé de France. Puis il est nommé le 15 février 2012 préfet en mission de service public sur le thème de l’exclusion.

En janvier 2016, il devient président du CORA de l’Hérault (Comité opérationnel de lutte contre le racisme et l’antisémitisme).

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