Décès de Mr Pierre Veyleau (1937-2026) Diacre

Mgr Laurent CAMIADE, évêque de Cahors,
les diacres et les prêtres du diocèse,
sa femme Jacqueline, sa famille et ses amis,

vous font part du décès de
Pierre Veyleau (diacre)

survenu à l’hôpital de Cahors
le vendredi 30 janvier 2026 à l’âge de 88 ans.

Ses funérailles ont été célébrées
en la cathédrale Saint Etienne de Cahors
le mercredi 4 février 2026 à 14h30.

Son inhumation a eu lieu à Limogne-en-Quercy.

Né le 10 mai 1937 à Bergerac (24).
Baptisé le 6 juin 1937 à Saint-Aubin de Cadelech, diocèse de Périgueux.
Ordonné diacre le 22 octobre 1989 à Quézac pour le diocèse de Saint-Flour.
Incardiné au diocèse de Cahors le 11 février 2019.
Membre de l’Association Cléricale de la Communauté de l’Emmanuel (ACCE) depuis le 3 mai 2019.

Pharmacien dans le Cantal pendant toute sa carrière, il s’installe à Cahors après sa retraite. Il est nommé responsable de la pastorale de la santé pour le diocèse. Il a également beaucoup œuvré dans la paroisse Saint-Etienne de Cahors, en ayant à cœur de favoriser les liens entre les acteurs de la pastorale. Il a largement contribué à faire de la cathédrale un lieu d’accueil ouvert à tous.

 Témoignage du Père Pascal Fagniez :

« Un, roc, un pilier pour nous. »
« Simple, intelligent, attentif »
« Un père aimant, dans la simplicité. »

Quelques hommages entendus à l’occasion des obsèques de Pierre Veyleau, présidées par Mgr Camiade, dans la cathédrale de Cahors, où le défunt exerçait son ministère de diacre jusqu’à sa mort à 88 ans.

Voici quelques éléments de son itinéraire spirituel :

Célibataire et étudiant à la faculté de Science et de Médecine de Toulouse, Pierre s’était engagé dans la paroisse étudiante.
Il se maria avec Jacqueline, pharmacienne comme lui, originaire de Limogne en Quercy et, jeunes parents, ils s’installèrent comme pharmaciens à Calvinet dans le Cantal, travaillant ensemble jusqu’à leur retraite qui les vit déménager dans le Lot.

- Premier appel au diaconat :

Pierre était un jeune père de famille de 33 ans, quand furent ordonnés les premiers diacres permanents français, dont le tout premier, Jean Griffe, à Carcassonne, le 3 avril 1970.
Une tradition des débuts de l’Église, abandonnée pendant plus d’un millénaire et rétablie par le Concile Vatican II en 1965.
Pierre se senti attiré par le diaconat dès qu’il en entendit parler.
On était au début des années 70 et Pierre et Jacqueline trouvaient alors une nourriture spirituelle auprès du P. Emmanuel de Floris, moine bénédictin de l’Abbaye d’En-Calcat dans le Tarn, parti fonder en 1969 un ermitage à Montmorin, dans les Hautes-Alpes où la jeune famille Veyleau le retrouvait pour passer des vacances saines et spirituelles.
Confiant cette attirance pour le diaconat au Père De Floris, Pierre s’entendit répondre catégoriquement que ce n’était pas pour lui. Jésus nous a prévenu que les personnes les plus sages et bienveillantes peuvent se trompe r ! « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison. »

- Groupe de prière :

L’appel au diaconat se trouvant entre parenthèses, Pierre et Jacqueline sont appelés par un autre prêtre, Jean Latapie à participer à un groupe de prière en Aveyron où ils découvrent les longs temps de louange, l’écoute assidue de la Parole de Dieu et la pratique des charismes encouragée par le Concile (Lumen Gentium 12)

- Communauté de l’Emmanuel :

Ce groupe de prière les conduira à participer pour la première fois, en 1981, à une des sessions d’été de Paray-le-Monial organisées, depuis 1975, par la Communauté de l’Emmanuel dans laquelle ils entreront quelques années plus tard à l’invitation d’un professeur de collèges du Tarn et Garonne. Communauté de l’Emmanuel qui leur permettra de vivre, dans l’Église et de toutes sortes de manière : Adoration, Compassion et Évangélisation, parfois dans le service discret qui convenait si bien au caractères des époux Veyleau et parfois dans les actions plus spectaculaires et exigeantes telle la proclamation directe de l’évangile au cours d’évangélisation de rue.

- Deuxième appel au diaconat :

Lors d’une retraite à Notre Dame du Laus, dans les Hautes-Alpes, une des animatrices posa à Pierre la question de l’appel au diaconat.
S’en suivit un rendez-vous avec l’évêque de Saint Flour : « ça tombe bien car j’ai un groupe de couples qui se réunit avec un diacre d’Aurillac. »
Occasion de noter que l’Église de France, qui avait initié dès 1966 la marche vers l’ordination de diacres permanents, a toujours tenu à associer les éventuelles épouses au processus de formation des candidats au diaconat.
Comme la réflexion cantalienne patinait, Pierre et Jacqueline furent orientés vers Le Puy en Velay où le Père Arouet dispensa une formation passionnante et sur mesure au groupe réduit à leur seul couple.

Ordonné diacre à 52 ans, le 22 octobre 1989 pour le diocèse de Saint-Flour, il mena de front sa vie professionnelle, familiale, communautaire (Emmanuel) et diaconale, avec le sens du service, l’empathie et la simplicité que souligna une de ses filles lors des funérailles. Bref, « la foi qui agit par la charité » comme le dit Saint Paul (Ga 5, 6)

Le P. Luc Denjean, son vicaire général et dernier curé, résume ainsi : « À la retraite, il s’installe à Cahors, est nommé responsable de la pastorale de la santé pour le diocèse. Il a également beaucoup œuvré dans la paroisse Saint Etienne de Cahors, en ayant à cœur de favoriser les liens entre les acteurs de la pastorale. Il a largement contribué à faire de la cathédrale un lieu d’accueil ouvert à tous. »

Parmi les croix que nous portons sur le chemin de la sainteté, il y eut pour Pierre celle qu’il me confia : ne pas être autorisé à mettre en œuvre certaines initiatives d’adoration, compassion ou évangélisation qui font des merveilles dans le monde.
Ou celle dont il fit la confidence à Jacqueline : être si peu sollicité pour donner l’homélie de la messe.
Ces confidences étaient exprimées franchement, mais sans amertume, car le sens du service et la loyauté à ses évêques, curés et responsables communautaires successifs ont fait notre admiration.

Et les visites aux personnes malades ou isolées, l’accueil à sa table ou pour la nuit, l’accompagnement de couples en duo avec Jacqueline, autant d’aspects moins visibles de sa charité en action.

- Entre dans la joie :

Pierre, nous ne verrons plus ton visage penché vers nous avec ce regard qui exprimait bienveillance et écoute attentive avant qu’arrive une question ou une parole sûre. Mais nous ne vivrons pas seulement avec nos beaux souvenirs ; nous croyons que tu entends la parole du Maître à ceux qui ont fait le choix du service : « serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton Seigneur." (Mt 25, 23)

Père Pascal Fagniez

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