Cahors, le 7 juillet 2026
Le 1er juillet de cette année 2026, deux évêques (consacrés par Mgr Marcel Lefebvre en 1988 en désobéissance avec le pape saint Jean-Paul II) ont eux-mêmes consacré quatre nouveaux évêques, en désobéissance formelle au pape Léon XIV qui les avait suppliés de renoncer à cet acte qui aggrave leur situation schismatique, c’est-à-dire leur éloignement de l’Église catholique. Pour cet acte, ces six évêques et tous les prêtres de la fraternité sacerdotale saint Pie X (FSSPX) fondée par Mgr Lefebvre ont été sanctionnés par une peine d’excommunication latae sententiae. C’est aussi le cas des fidèles qui adhèrent formellement à ce schisme.
En outre, les sacrements administrés par les prêtres de la FSSPX sont illicites, et le sacrement de pénitence et le mariage qu’ils célèbrent sont invalides.
Plusieurs personnes me demandent si cela change quelque chose pour les messes célébrées à Baladou et à Mechmont selon le missel de saint Pie V (qu’on appelle parfois aussi pour simplifier « la messe en latin »). La réponse est non, cela ne change rien, les prêtres qui célèbrent ces messes sont en pleine communion avec l’Église catholique et leur présence avait été accueillie par Mgr Gaidon, accompagnée par Mgr Turini, puis par moi-même, toujours en esprit de communion. Ces prêtres viennent concélébrer avec nous à la messe chrismale ou dans d’autres célébrations diocésaines. On voit ainsi clairement qu’ils sont de l’Église catholique. Ils adhèrent aux enseignements du concile Vatican II, même s’ils tiennent à célébrer le plus souvent la messe selon l’ancien missel, au service pastoral des fidèles qui, comme eux, y restent attachés. Ces quelques fidèles qui participent à leur messe ou se confessent à eux sont et restent dans l’Église.
Le cœur du problème n’est pas le rite liturgique (la messe de saint Pie V). Le cœur de la question, c’est d’accepter l’enseignement du Concile Vatican II (1962-1965). C’est une condition sine qua non pour entrer dans la pleine communion de l’Église catholique.
Pour rappel, le pape Benoît XVI avait accompli un geste de miséricorde en 2009, en levant les excommunications des quatre évêques ordonnés par Mgr Lefebvre en 1988. Plus encore, le pape François, lors de l’année de la miséricorde en 2016, pour le bien des fidèles, avait donné aux prêtres de la FSSPX le pouvoir de confesser validement et permis aux évêques diocésains d’autoriser au cas par cas des mariages validement célébrés par ces prêtres schismatiques. Tous ces gestes d’ouverture sont anéantis par la cérémonie du 1er juillet.
A deux reprises, j’ai été amené à autoriser des mariages présidés par des prêtres de la FSSPX dans des églises paroissiales lotoises. Cela ne sera plus possible. A Rocamadour, une ou deux fois par an, des groupes de fidèles venaient en pèlerinage avec un prêtre de la FSSPX, nous leur permettions de célébrer la messe, non dans le sanctuaire où cela aurait provoqué de la confusion pour les pèlerins de passage, mais dans la chapelle de L’hospitalet. Ce ne sera plus possible.
Je précise, par ailleurs que lorsque des messes sont célébrées avec l’ancien missel au sein du sanctuaire de Rocamadour, elles le sont par des prêtres en pleine communion avec l’Église catholique. Depuis le motu proprio Traditionis custodes du pape François en 2021, les prêtres qui veulent célébrer selon l’ancien missel doivent y être formellement autorisés par l’évêque du lieu.
Nous prions, bien sûr, pour qu’un rapprochement se fasse de nouveau, mais les conditions de celui-ci semblent refusées a priori par les responsables de la FSSPX.
Les fidèles du Lot qui pensent s’être fourvoyés en adhérant à la doctrine de la FSSPX et qui souhaitent rejoindre la communion de l’Église sont invités à en parler avec le curé de leur paroisse afin de faire le point et, si nécessaire, de s’adresser à moi-même, leur évêque, pour la procédure permettant la levée de la sanction d’excommunication et d’accomplir un rite d’admission dans la pleine communion de l’Église catholique.
Enfin, j’invite à lire sur ce sujet la déclaration de la présidence de la Conférence des Évêques du France « Vivre une communion renouvelée au service de la mission ».
Portons dans la prière les blessures de l’Église et celle de toutes les personnes troublées par cette situation. Que Notre-Dame de Rocamadour nous garde unis en son fils, notre Seigneur Jésus-Christ.
+ Mgr Laurent Camiade, évêque de Cahors





