Confirmations de 6 adolescents et 4 adultes

Dimanche 17 mai 2026 - Saint-Céré.

 Homélie de Mgr Laurent Camiade :

Mes frères,

Ce dimanche entre la fête de l’Ascension de Jésus et celle de la Pentecôte où l’Esprit Saint descendra sur les Apôtres est un dimanche où notre prière doit se faire plus intense que jamais. Nous avons entendu, en première lecture, la description de ces journées fébriles du Cénacle, pendant lesquelles les Apôtres réunis avec Marie, la mère de Jésus, et quelques autres femmes et des proches, sont enfermés pour prier et attendre que l’Esprit Saint que Jésus avait promis, descende sur eux.

Réunis au Cénacle, ils avaient encore peur. Ils n’osaient pas sortir. La haine qui avait provoqué la mort de Jésus sur la croix et la réaction des ennemis du Christ aux premières annonces de la résurrection promettaient de réels dangers. Mais les disciples avaient gardé confiance dans la parole du Seigneur, dans sa promesse d’être avec eux tous les jours jusqu’à la fin du monde et de leur envoyer l’Esprit Saint.

L’Évangile d’aujourd’hui nous présente un autre versant de ce même mystère de la prière en nous ayant fait entendre un extrait de la grande prière de Jésus le jeudi saint. Et dans ce passage particulièrement, le Seigneur prie pour ses Apôtres. Cela rappelle que la prière des Apôtres au Cénacle est comme la réponse, l’écho de la prière de Jésus lui-même. C’est une caractéristique de toute prière chrétienne. Nous prions toujours en essayant d’entrer dans la prière de Jésus car la prière de Jésus est toujours exaucée. Nous prions « par Jésus-Christ notre Seigneur » ; nous prions « par Jésus le Christ qui vit et règne avec le Père dans l’unité du Saint-Esprit ».

Et pendant cette période qui suit l’Ascension, nous devons réaliser que Jésus, en montant au ciel, a fait entrer notre humanité auprès de son Père. Lui qui est le Fils de Dieu depuis toujours, s’est incarné en naissant de la vierge Marie, il a vécu une vie d’homme, puis il est mort et ressuscité. Et, en montant au ciel, c’est notre humanité qu’il fait entrer pour la première fois dans la vie invisible de Dieu. Cela ouvre pour nous cette porte qu’est l’espérance d’entrer nous aussi dans la vision de Dieu. Jésus monté au ciel nous ouvre l’espérance d’entrer dans ce monde qui demeure actuellement invisible à nos yeux de chair, mais où nous verrons Dieu. Voilà l’objet de notre prière en ce dimanche : demander à vivre déjà comme si nous voyions l’invisible, à vivre déjà, en espérance, dans la plénitude de la communion avec Dieu. Notre regard intérieur, les yeux de notre foi peuvent déjà entrevoir le mystère de Dieu que Jésus est venu nous révéler.

Je sais par les lettres qu’ils m’ont adressées que les jeunes confirmands d’aujourd’hui attendent de ce sacrement, une plus grande proximité avec Dieu. Leurs expressions sont diverses mais se recoupent sur ce point ? J’en cite quelques-unes : « je souhaite continuer à avancer avec Dieu » ; « L’Esprit Saint m’aidera à rester confiant » ; « je veux continuer à être chrétienne » ; « Dieu est devenu important pour moi. À plusieurs moments, je n’étais pas très bien et je suis persuadée qu’Il était là avec moi » ; « je souhaite continuer à grandir dans la foi » ; « j’espère être davantage tourné vers le bon Dieu »… prions pour qu’ils reçoivent et accueillent ces dons spirituels qu’ils désirent.

Ce que Jésus a demandé à son Père pour ses Apôtres et, à travers eux, pour nous qui avons reçu leur témoignage, c’est que nous recevions de lui la vie éternelle. Et il précise, pour que nous ayons une idée assez claire de ce que c’est que la vie éternelle : « la vie éternelle, c’est de te connaître, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé Jésus-Christ » (Jn 17,3). Cette précision nous aide à comprendre que la vie éternelle n’est pas seulement pour après la mort, mais qu’elle commence déjà, au fur et à mesure que nous avons une plus grande connaissance de Dieu et de son envoyé, Jésus-Christ. L’Esprit Saint nous aide à mieux connaître Jésus-Christ, à mieux comprendre ses paroles et il nous permet d’avoir une expérience de Dieu, de mieux nous tourner vers notre Père qui est aux cieux.

C’est l’Esprit Saint qui nous donne déjà de prier, ainsi les Apôtres réunis au Cénacle avec Marie pour prier le Père d’envoyer l’Esprit Saint étaient, en fait, déjà animés par l’Esprit qui faisait monter en eux cette prière. Mais le don de l’Esprit, pour être vraiment accueilli en nous, suppose une effusion toujours plus forte. Le baptême est un sacrement où l’Esprit Saint est déjà donné et l’eucharistie, à chaque communion, nourrit en nous la vie de l’Esprit Saint. Entre temps, la confirmation vient fortifier en nous la capacité à recevoir l’Esprit de Dieu. Le mot confirmation signifie bien qu’il s’agit de compléter ce qui a déjà été donné. Confirmer c’est rendre plus fort, plus intense, plus sûr aussi. Notre vie chrétienne est faite de croissance comme l’ont très bien compris les confirmands, spécialement ceux qui sont à l’âge de l’adolescence, un âge où l’on grandit très vite. Mais la vie de l’Esprit Saint, la vie éternelle en nous ne peut pas grandir par des moyens naturels, elle a besoin d’un don renouvelé de la part de Dieu. Il s’agit de connaître Dieu le Père et son Fils Jésus-Christ grâce au don de l’Esprit Saint.

Cette connaissance de Dieu a, bien sûr, des conséquences et elle change notre manière de vivre dès maintenant. Jésus a glorifié Dieu en accomplissant son œuvre, en faisant le bien, en guérissant, en pardonnant, en annonçant la bonne nouvelle et en appelant à nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés. Alors comme lui, nous ne pouvons pas vraiment connaître Dieu sans pratiquer ses commandements, sans essayer au moins, de toutes nos forces, de mettre en pratique les paroles de Jésus, sans nous efforcer d’imiter le style de vie de Jésus. Une des caractéristiques de la vie des chrétiens est que, quoi qu’il leur arrive, même les choses les plus douloureuses, les échecs, les incompréhensions, les maladies ou même aussi les plus belles choses, les réussites sociales, les inventions les plus géniales, les guérisons, les cadeaux et les joies du quotidien… quoi qu’il nous arrive, cela n’est ni décourageant ni fascinant parce que nous savons que c’est la présence de Dieu en tout cela qui compte, c’est l’amour que nous pouvons y mettre qui compte, c’est la dimension éternelle de chaque moment de notre temps de vie terrestre qui a le plus de valeur.

Les grands drames de notre temps viennent de la fascination exercée par la puissance technique sur des esprits humains qui se croient forts et tout-puissants mais qui, en définitive, se montrent spirituellement faibles car ils ont peur de leurs faiblesses, ce qui se voit dans leur mépris des plus petits. Mais si nous nous souvenons que chaque situation de notre vie peut être une occasion de mieux connaître Dieu et son Fils Jésus-Christ qui a déjà traversé toutes les dimensions d’une vie humaine et que c’est cela notre vie éternelle, celle pour laquelle nous avons été créés et que nous pouvons déjà préparer ici-bas, alors tout change et nous devenons capables d’aimer en toutes circonstances. Nous ne sommes plus aveuglés par la puissance technique mais nous percevons mieux les vrais enjeux de la vie humaine et nous respectons toutes les créatures de Dieu.

Frères et sœurs, en ce jour de confirmation, avec les jeunes et aussi les adultes récemment baptisés qui reçoivent aujourd’hui ce sacrement, demandons à l’Esprit Saint de venir inonder nos âmes de la connaissance de Dieu ; demandons cette grâce de percevoir plus intensément son Amour infini pour en vivre au quotidien et ainsi préparer déjà, à l’occasion de chaque moment de notre existence, notre vie éternelle, une vie bienheureuse qui ne finira jamais.

Amen.

+ Mgr Laurent Camiade,
Evêque du diocèse de Cahors

Soutenir par un don