Confirmations diocésaines de 55 jeunes et 11 adultes

Samedi 22 mai 2021 à 17 h
Célébration diocésaine jeunes et adultes à Gramat.

Mgr Laurent Camiade, évêque de Cahors, a eu la grande joie de donner le sacrement de la confirmation à 55 jeunes et 11 adultes.

  • Etre confirmé, c’est désirer dire "Oui à mon Baptême".
  • C’est aussi accueillir l’Esprit-Saint qui veut remplir ma vie.
  • C’est inviter le Souffle dynamique de l’Esprit-Saint à ne jamais cesser de me pousser vers le tout autre et vers les autres.

- Homélie de Mgr Laurent Camiade :

La démarche de demander la confirmation est un effet de l’Esprit Saint. Sans l’Esprit Saint, nous ne pourrions rien faire ni rien dire de crédible sur Jésus. L’Église, fondée sur la foi des Apôtres, rend témoignage elle aussi, mais toujours à partir de ce que l’Esprit Saint a déjà fait pour nous, en nous. Et il nous attire vers le Père. Cela fait même partie de la foi de l’Église de penser que l’Esprit Saint agit dans le cœur de tout homme, quelle que soit son histoire, sa religion, son âge. Mais sans doute, il agit d’une manière unique pour chacun dans la mesure où le projet de Dieu n’a pas été de créer des clones, mais des êtres humains qui ont tous leur originalité.

Permettez-moi donc de vous présenter seulement quelques notes que j’ai prises en lisant les lettres de demandes des confirmands, spécialement des plus jeunes parmi les confirmands car il y a aussi des adultes qui vont être confirmés et chacun a également fait part, souvent avec beaucoup de détails très personnels de la manière dont Dieu, par son Esprit, l’a poussé vers la foi et vers le sacrement de confirmation, même après un certain nombre d’années de vie parfois assez éloignée d’une foi consciente.

Je retiens quatre pistes dans les lettres des jeunes. D’abord leur choix, leur désir d’être confirmés. Puis, le goût de la prière exprimé par un grand nombre d’entre eux. Troisièmement les questions qu’ils se posent. Enfin, le désir de partager la foi que plusieurs ont déjà éprouvé.

Leur choix d’être confirmés, à mes yeux, est un signe très fort que l’Esprit Saint travaille en eux, même si cela passe souvent par l’encouragement de leurs parents, mais pas toujours. Il y a là une petite contradiction apparente car certains disent que la confirmation sera un aboutissement, la fin d’un parcours mais d’autres, plus nombreux en fait, disent que cela marque le début d’autre chose, de leur chemin de foi adulte et ils emploient les mots « continuer », « avancer », «  apprendre à mieux connaître Dieu ». Il me semble que cette contradiction se résout si on admet que la confirmation est une étape. Plusieurs évoquent cette « troisième étape » après le baptême et la première communion. Qui dit étape, dit la fin d’une route et le début d’une autre. Si cela revient souvent, c’est peut-être aussi, dans ce contexte actuel, que nous espérons de plus en plus l’après-covid, même si les contraintes sanitaires ne sont pas encore toutes levées et que nous sentons bien que tout n’est pas résolu. Plusieurs d’entre vous, jeunes et adultes, auraient dû être confirmés l’an dernier, mais cela n’a pas été possible. Alors vous voilà et vous dites que « le covid, ça a été compliqué ». C’est vrai. Pour tout le monde. Mais pour vous les jeunes, cela marque des années très importantes, celles de votre adolescence, ces années où vous grandissez le plus, où vous changez le plus. Le don du Saint-Esprit est d’autant plus important ! Pour tout vous dire, nous pensions, il y a quelques semaines que vous seriez deux fois moins nombreux aujourd’hui. Mais puisque vous êtes là, c’est bien un signe que l’Esprit Saint vous a poussés à avancer, souvent aussi avec l’encouragement de ceux qui vous entourent, lequel est aussi un fruit de l’Esprit Saint agissant en eux pour vous soutenir. Votre présence ici est un témoignage que nous rend l’Esprit Saint en faveur de Jésus-Christ. Dans l’Evangile d’aujourd’hui, nous avons entendu cela, Jésus disait à ses Apôtres : « l’Esprit de vérité qui procède du Père rendra témoignage en ma faveur » (Jn 15,26). Un garçon de 13 ans raconte : « je vais à l’aumônerie car un jour, sur un coup de tête, je me suis dit : et si j’y allais ? Donc j’y vais depuis l’âge de 7 ans… J’y trouve des amis… c’est intéressant et on y apprend des choses ». Un coup de tête à l’âge de sept ans, c’était peut-être un coup de pouce de l’Esprit Saint ?

Plusieurs d’entre vous ont dit qu’ils aiment prier : « pour moi, dit l’un d’entre vous, c’est la prière qui est la meilleure façon de rester proche de Dieu et elle est essentielle à mon parcours dans la foi ». « Je prie tous les soirs, dit une fille, car j’ai des soucis [et elle détaille sobrement ces soucis]… je prie et ça me redonne le sourire… la prière m’aide à ouvrir les yeux et j’espère qu’avec la confirmation, j’aurai encore plus envie de communiquer avec le Christ ». Ces témoignages et beaucoup d’autres se passent de commentaires. Certains évoquent aussi leur goût du silence dans une belle église, le sentiment de la présence de Dieu qui les a saisis à certains moments. Là aussi, l’Esprit Saint rend témoignage à Jésus en soufflant doucement pour communiquer la force d’aimer Dieu et de se laisser aimer par Lui. Dans la prière, l’Esprit Saint nous transforme et nous rend meilleurs. Une fille a écrit : « l’Esprit Saint m’aidera à avoir confiance en moi, à chasser la jalousie et éliminer le mensonge ». Oui, c’est vrai, il t’aidera, si tu le lui demandes dans la prière et que tu te laisses transformer. Il ne te transformera pas sans toi, sans que tu fasses aussi de petits efforts pour cela, mais tu as déjà compris que tu n’y arriveras pas sans Son aide et c’est déjà un signe que l’Esprit Saint t’a éclairé sur ce qu’il fallait demander et Il te l’a fait désirer.

Vous avez choisi d’être confirmés. Vous aimez prier. Pourtant, vous vous posez des questions ou même vous avez des doutes. Ce n’est pas forcément une mauvaise chose, même si ce n’est pas très confortable. Ce serait plus tranquille d’avoir toujours toutes les bonnes réponses. Parfois aussi, un changement de prêtre à la paroisse vous a déstabilisé si vous aviez une relation de confiance avec l’ancien curé et moins facile avec le nouveau. Dans les familles aussi, il y a des changements et des ruptures qui font souffrir. « Il se passe des choses dans ma vie qui me font douter », dit un jeune. Un autre me dit « ça me plaît de se retrouver pour parler de Dieu. J’apprécie de croire en Dieu et de faire enfant de chœur. Mais je me pose des questions sur Jésus. Pourquoi s’est-il fait des ennemis ? » Une fille écrit « je me demande si on peut vraiment aller en enfer ». J’aimerais répondre à chacune de vos questions. Mais je vous invite surtout à ne pas les porter seuls, à en discuter avec vos amis, avec vos parents si vous sentez que c’est le bon moment pour ça, et avec les animateurs d’aumônerie et les prêtres avec qui vous êtes à l’aise. Nous vivons dans une époque de remises en question. Les certitudes, même scientifiques, apparaissent fragiles et certains s’exercent à déconstruire par principe toutes les vérités transmises. La chance que nous avons avec l’Évangile, c’est que l’enseignement de Jésus se fonde toujours sur une expérience, sur le réel, sur des rencontres et il parle en paraboles pour que l’on puisse encore recevoir ce qu’il a dit il y a deux-mille ans comme une vérité pour nous aujourd’hui. Mais, bien sûr, cela demande un peu d’effort de réflexion et la communauté de l’Église est là pour ça, pour nous aider à comprendre ensemble ce que Jésus nous fait connaître. L’Evangile dit aussi que l’Esprit Saint recevra ce qui vient de Jésus pour le faire connaître aux Apôtres. L’Eglise est fondée sur la foi des Apôtres, ne l’oublions pas. Même si les membres de l’Église ne sont pas parfaits, ils portent dans leur cœur cette foi et c’est ainsi qu’elle se transmet à nous, que nous pouvons la comprendre.

Enfin, je me réjouis que plusieurs d’entre vous aient dit déjà leur désir de partager la foi avec ceux qui ne connaissent pas le Christ. Un d’entre vous écrit qu’après plusieurs années de catéchèse et d’aumônerie, « j’ai retenu qu’il me fallait transmettre la foi autour de moi ». Et un autre dit, je cite ses mots exacts : « je souhaite que la religion chrétienne restera toujours vivante et j’aimerais prendre une place de chrétien ». On comprend que l’Esprit de Pentecôte qui se fait comprendre dans toutes les langues est déjà à l’œuvre pour insuffler un élan missionnaire à nos jeunes. Rendons grâces à Dieu pour cela ! Transmettre la foi autour de nous n’est pas une tâche facile. Il suffit de penser au temps qu’il a fallu à chacun d’entre nous avant de découvrir certains aspects de la foi pour savoir qu’il faut de la patience. Une jeune écrit à ce sujet : « J’ai pris conscience après plusieurs années de caté de l’importance de la vie de Dieu dans ma vie… car je n’avais pas calculé la chance que j’avais d’avoir Dieu à mes côtés pour toujours (je l’espère) ». Pour communiquer cela à ceux qui nous entourent, ça prendra aussi du temps, le temps de calculer la chance d’être aimés par Dieu !

J’ai donné quelques exemples de l’action de l’Esprit Saint dans la vie de ces jeunes à partir de leurs demandes de confirmation. Maintenant, je vous pose la question à vous tous, le Peuple de Dieu qui n’avait peut-être pas encore calculé la chance que vous aviez de participer à cette célébration : Qu’attendez vous que l’Esprit Saint apporte à votre vie ?

+ Mgr Laurent Camiade, évêque de Cahors


Photographies : André Décup

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