Revue religieuse catholique du diocèse de Cahors
Mars 2026. Revue disponible dans votre paroisse.
– Editorial de Mgr Laurent Camiade :
Mort et résurrection
Nous allons célébrer la résurrection de Jésus. Une trentaine d’adultes vont être baptisés dans notre diocèse. En France, nous le savons, les chiffres des baptêmes d’adultes et de jeunes sont en croissance et cela suscite chez certains de la surprise, chez d’autres de l’enthousiasme… c’est une bonne nouvelle : la seule statistique en hausse dans la sociologie religieuse catholique française. D’autres pays d’Europe connaissent le même phénomène mais pas aussi marqué qu’en France, pour le moment. Ce mouvement de fond manifeste une attractivité de la foi en Jésus-Christ, plus que des succès missionnaires de nos communautés. Mais nous avons su accueillir ces gens. Nous avions des parcours catéchuménaux à leur proposer et nous les avons reçus tels qu’ils sont. Ce n’est pas rien. Cela doit s’affiner et se développer, mais s’ils sont si nombreux à être baptisés, c’est bien parce qu’ils ont trouvé des portes où frapper et des gens qui ouvrent et se réjouissent de leur démarche. L’accompagnement dans la durée reste un défi, un défi passionnant. Ne serait-ce pas une petite résurrection de l’Église catholique en France ?
Durant la semaine sainte et à Pâques, nous allons célébrer la mort du Christ et sa résurrection. La résurrection suppose que Jésus est vraiment mort, complètement mort et son corps a été mis au tombeau. La résurrection du Christ n’est pas une réanimation après un comas. Il a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers (symbole des Apôtres). Avant la résurrection le troisième jour, il y a bien la mort, la sépulture et même la descente aux enfers. Qu’est-ce que la descente aux enfers ? Les enfers (au pluriel) sont autre chose que l’enfer, (au singulier), qui est le lieu de la damnation éternelle. Les enfers, dans l’antiquité, désignaient le lieu des morts, dans une logique de survie des âmes après la mort biologique. C’est intéressant car cela nous rappelle que la mort n’est pas seulement une étape biologique, mais c’est aussi une dislocation de la personne, de la réalité spirituelle et corporelle dont est composée notre vie.
Notre vie n’est pas la simple animation d’un organisme biologique, mais elle est aussi notre unité personnelle, notre histoire, nos relations faites non seulement d’échanges de matière mais aussi d’échanges spirituels, c’est-à-dire d’amour ou de haine parfois, de respect et reconnaissance mutuels ou au contraire de mépris voire d’indifférence et, bien sûr, de désir du bien et de prières. Notre vie est un composé de réalités matérielles et de réalités spirituelles. Notre mort est la fin de ces échanges et c’est cela que signifie la descente aux enfers. Jésus est allé jusque-là, jusqu’à éprouver la solitude ontologique de la mort.
Certaines personnes en fin de vie se sentent abandonnées et demandent à mourir plutôt que de souffrir seules. Le vrai problème est qu’elles soient abandonnées par leur entourage qui ne les croit plus utiles, plus capables d’échanges spirituels, qui les imaginent déjà descendues aux enfers. Tandis qu’au contraire, en souffrant sa passion jusqu’au bout, Jésus sauve le monde car il habite ses dernières heures d’un amour infini, chaque être humain peut vivre ce que décrivait saint Paul : « Maintenant je trouve la joie dans les souffrances que je supporte pour vous ; ce qui reste à souffrir des épreuves du Christ dans ma propre chair, je l’accomplis pour son corps qui est l’Église. » (Col 1,24)
L’Église souffre et éprouve en elle la mort du Christ. Cela fait partie de sa vocation de Corps mystique du Christ que d’intérioriser et continuer à vivre les souffrances du Christ. Persécutions, abandons, trahisons internes et abus cléricaux, hérésies et schismes, divisions et clivages idéologiques : l’Église souffre violences. « La consommation de l’Église et, à travers elle, celle du monde, dans la gloire [à la fin des temps] ne se fera pas sans de grandes épreuves. Alors seulement, tous les justes depuis Adam, depuis Abel le juste jusqu’au dernier élu se trouveront rassemblés dans l’Église universelle auprès du Père » (Catéchisme de l’Église Catholique, n. 769). Il est donc normal que nous connaissions des anticipations des épreuves finales de l’Église, comme aussi des anticipations de ce mouvement de rassemblement des justes. Ainsi, la multiplication actuelle des catéchumènes anticipe ce mouvement qui rassemblera les élus dans l’Église à la fin des temps, pour entrer ensemble dans la joie éternelle.
+ Mgr Laurent CAMIADE,
évêque du diocèse de Cahors
– Sommaire :
P. 2 : Editorial de Mgr Laurent Camiade
P. 3 : Bénédiction du logis de l’abbaye de Chancelade
P. 4 : Journée des néophytes
P. 4 : Communauté des Sœurs de Notre-Dame de la Salette
P. 5 : Journée diocésaine des confirmands
P. 5 : Semaine de prière pour l’unité des Chrétiens
P. 6 : Dimanche de la Santé / Préparation au mariage
P. 7 : Week-end pour les servants
P. 7 : Retraite des prêtres de la province
P. 8 : Appel décisif des catéchumènes
P. 9 : Service des pèlerinages, départ de Françoise Rouquié
P. 10/11 : Clôture du Jubilé 2025
P. 12 : Entretiens au service des personnes et de la mission
P. 13 : Décès de Mr Pierre Veyleau et du P. Félix Rausières
P. 14 : Nominations & promulgations
P. 15 : Agenda de l’évêque
P. 16 : Dans votre agenda
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