Retour sur le 124e pèlerinage à saint Benoît-Joseph Labre

Jeudi 2 mai au dimanche 5 mai 2019
124e pèlerinage à st Benoît-Joseph Labre.

Le bonjour de Lalbenque.

Les quatre jours de célébration en l’honneur de saint Benoît-Joseph Labre furent riches de joie, de foi et de partage.

Nous eûmes l’honneur de recevoir Monsieur Jean-Denis Touzot, libraire, restaurateur et propriétaire de la basilique de Marçay en terre de Poitou-Charentes, qui nous présenta son projet de réhabilitation de la basilique qui abrite désormais un musée consacré au Livre avec une exposition permanente d’ouvrages d’époque gothique (15-16e) et néogothique (19-20e).
Après cinq années de travaux acharnés, la basilique fondée par l’abbé Joanneau est sauvée et restaurée dans sa globalité, dira-t-il lors de la marche de samedi à Saint Hilaire. Enthousiastes, les pèlerins et habitants de Saint-Hilaire et des environs lui posèrent bien des questions... auxquelles il répondit avec une bienveillance sans limite.
Dans un courriel récent, il m’écrivait :

Bonjour Frère Alexis,
J’ai été très heureux de passer mon samedi en votre compagnie, avec tous ceux qui nous ont accompagné à un moment ou à un autre ; quelle chaleur humaine !
Je vous renouvelle mon credo quant à Marçay qui tient en ces quelques points fondamentaux. Puissions-nous rallier tant de monde à cette cause ?
- Réhabiliter la basilique de Marçay
- Réhabiliter la mémoire de l’abbé Joanneau
- Faire rayonner au 21e siècle l’œuvre spirituelle visionnaire de ce prêtre engagé du 19e siècle
- Créer une aire de partage et de paix en ce lieu pour servir de modèle
- Créer un chemin pérégrin et spirituel d’Amettes à Saint-Bertrand de Comminges, en passant par Tours, Ligugé, Marçay, Saint-Hilaire de Lalbenque, lieux symboliques de la présence éclairée de Benoît-Joseph Labre
- Permettre la consécration de la chapelle de Marçay pour l’accueil véritable des croyants et des pèlerins

Jean-Denis

A Lalbenque et dans la paroisse de Saint-Hilaire, chacun connaît l’histoire de saint Benoît-Joseph Labre, mais très peu connaissent l’origine du pèlerinage ; il fut créé par le curé de la paroisse de Saint-Hilaire en la personne de l’abbé Jean-Pierre Bos qui fut curé de Saint-Hilaire de 1879 à 1908.
En 1895, il fit un pèlerinage à Marçay près de Poitiers et rencontra l’abbé François-Joseph Joanneau ; à cette époque, la basilique dédiée au saint était en construction.
De cette rencontre naîtra une amitié solide et une complicité qui engendrera le fameux pèlerinage de saint Benoît-Joseph Labre à Saint-Hilaire.
En effet, de retour dans sa paroisse, l’abbé Jean-Pierre Bos l’annonça à ses paroissiens à la messe du mercredi 25 décembre 1895. En novembre 1902, une chapelle dédiée au saint vagabond est érigée dans l’église ; celle-ci est ornée d’une belle statue et permet au pèlerin de venir vénérer un grand reliquaire : des os, du linge, un gros morceau de bois du cercueil visible dans un superbe reliquaire en bois envoyé au Père Jean-Pierre Bos par Mgr Virilli (1897), postulateur de la cause de saint Benoît-Joseph Labre.
Mgr Virilli était très ami avec l’abbé François-Joseph Joanneau qui dut intercéder pour qu’il puisse recevoir ces reliques de Rome. Le reliquaire contenant un morceau du crane du saint fut donné par l’évêque d’Arras, Mgr Alfred-Casimir-Alexis Williez, (voir photo avec monsieur Touzot).
Le pèlerinage attire, comme à Marçay, un engouement rapide et une foule importante de pèlerins venant du Lot, du Tarn-et-Garonne et de nombreuses régions. Il se déroule depuis chaque année durant la deuxième semaine de Pâques, la présence d’un prédicateur est clôturée par une grande célébration.
Ininterrompu depuis cette date, nous étions cette semaine au 124e pèlerinage à st Benoît-Joseph Labre. Aujourd’hui le vœu de l’abbé Jean-Pierre Bos et de son ami l’abbé François Joseph Joanneau continue à Saint-Hilaire.
Vous pouvez apercevoir dans ce récit que l’histoire de ces lieux, Marçay, Saint-Hilaire Lalbenque et Amettes sont intimement liés ; à nous pèlerins, amis, religieux, religieuses, prêtres et paroissiens de continuer à perpétuer dans la foi et l’espérance l’histoire et l’aventure de nos prédécesseurs.

Je devais retrouver monsieur Touzot le lendemain de la clôture (lundi) chez lui pour un repas partagé suivi d’une visite de son musée « Le Livre et la Lettre - Parcours du Livre », situé à Montcabrier dans le Lot (46700).
Il est consacré à l’histoire de l’écriture et du livre, à la calligraphie et la typographie avec une importante collection et documents sur l’histoire et notamment de la région du Quercy. Je fus très intéressé par ma visite, impressionné par l’imposante collections de reliures et de son évolution au cours des siècles, de l’histoire des livres et incunables du XVe jusqu’au XXe siècle...
Un moment de choix pour le chercheur que je suis toujours en quête de ressources historiques.

Je vous invite donc tous à aller visiter ce lieu d’exception, marqué par la beauté de cette région quercynoise ; la commune est située dans le Quercy en Bouriane et la vallée de la Thèze (on y accède par l’ancienne route nationale 673, entre Fumel et Gourdon. (Sur la Via Arvernha, chemin contemporain du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle).

Le Musée est ouvert toute l’année sur rendez-vous uniquement au 06/32/02/31/51 Le Bourg 46700 Montcabrier – France. Le prix des visites : Adulte : 3 euros, Tarif réduit : 2 euros, Visite guidée : 5 euros

Je remercie ici monsieur Jean-Denis Touzot pour sa sollicitude, sa gentillesse et sa générosité. De tout cœur, merci cher ami. Je remercie aussi le Père Jean-Martin Méda, curé de la paroisse, mes amis Alain et Jeanine Damien, les paroissiens de Saint-Hilaire Lalbenque et des environs, les malades que j’ai visités et qui attendaient ma venue avec ferveur, foi et curiosité.

Merci également à sœur Sainte Thérèse (101 ans) pour la belle dédicace qu’elle m’a adressée dans son livre « Par la porte dérobée ». Je n’oublierai pas notre rencontre, ma chère Sœur, j’ai aimé cette phrase : « La prière, c’est le temps de l’amour des autres ». Je n’oublie pas cette belle remarque qui a touché mon cœur : « J’ai connu l’église janséniste d’autrefois. C’était bien avant le Concile Vatican II, et je préfère de loin l’église d’aujourd’hui. Vivre dans le passé nuit au futur ».
La vie religieuse d’aujourd’hui est une vie partagée, le passé est mort, le futur, lui, reste à construire sans exclure ni s’isoler car nous sommes apostoliques, c’est-à-dire que notre souci premier doit être le bien de nos frères.

Chère sœur Sainte Thérèse, ma rencontre avec vous au couvent de Vaylats restera gravé dans mon cœur.

Merci également à ma fraternité Saint Benoît-Joseph Labre de m’avoir soutenu et de m’avoir permis de participer à ce pèlerinage.

Votre petit frère Alexis.

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