EGLISE DU LOT / N°2

N°2 / Mars 2018
Revue religieuse catholique du diocèse de Cahors

Editorial :
APPRENDRE À DISCERNER :
l’urgence pour les chrétiens du XXIe siècle.

Les lois civiles ne suffisent pas à définir des normes éthiques conformes à l’Évangile : les états généraux de la bioéthique et les propositions de loi qui visent surtout à permettre des actes moralement contestables nous le rappellent. La vie moderne est complexe. Nous avons de plus en plus de moyens techniques. Mais la solution à nos difficultés personnelles n’est pas toujours technique. Les problèmes éthiques liés à l’immense champ de possibilités techniques actuelles amènent chaque jour à entrer dans des processus de discernement, au cas par cas : comment vivre en conformité avec l’Évangile quand mon chemin s’écarte de que j’avais imaginé ? Que faire avec mes désirs ou mes réflexes défensifs s’ils m’orientent vers des choix dont j’ignore toutes les conséquences ? Comment résister aux sirènes de la société de consommation ? La réponse exige un discernement.

Apprendre à discerner le bien et le mal est devenu central pour une vie chrétienne qui ne soit pas hypocrite. On ne peut pas être chrétien sans se poser de questions. Il ne suffit pas d’appliquer un protocole ni de suivre des règles morales rigides. Et, par ailleurs, si nous n’agissons que selon l’impulsion de notre émotivité, nous ne sommes plus libres, mais à la merci du dernier qui a parlé ou de la pub la plus séduisante.

La première étape d’un discernement éthique suppose de se rappeler que Dieu nous aime et de se placer sous son regard bienveillant, de chercher à raviver notre relation avec Dieu. La foi en Jésus-Christ n’est pas une simple adhésion intellectuelle à des vérités à comprendre et à croire mais surtout l’amitié avec Jésus-Christ, une relation avec Dieu qui donne son Esprit Saint pour transformer notre façon de vivre et faire grandir notre capacité d’aimer. Aimer, c’est-à-dire vouloir du bien à quelqu’un et chercher à le réaliser.

Ensuite, il importe d’utiliser son intelligence et sa connaissance de l’Évangile : qu’est-ce que Jésus aurait fait à ma place, que dit la Parole de Dieu, qu’enseigne l’Église ? Ceci doit être travaillé en amont, car lorsqu’une décision compliquée doit être prise, on n’a pas toujours le temps ni la disponibilité d’esprit pour approfondir. Nous puisons souvent alors dans les repères acquis, dans la mémoire de notre éducation chrétienne. Les parents doivent parler avec leurs enfants, surtout les adolescents et s’assurer qu’ils réfléchissent aux enjeux et aux conséquences des choix humains. Les aumôneries et les mouvements d’Église doivent également aider à cela. C’est ce qu’on appelle la formation de la conscience morale : une conscience obscurcie n’aide pas à choisir le bien.

Troisième étape : quel est le chemin sur lequel Dieu me conduit à partir du point où j’en suis ? Au delà des conditionnements du milieu dans lequel je vis, vers où m’oriente ma conscience dans son centre profond où la voix de Dieu se fait entendre aujourd’hui ? Qu’est-ce qui donne le plus de sens et de cohérence à ma vie ?
Une décision demande enfin la vérification de la prière, du silence, d’un temps d’accueil du travail de l’Esprit Saint en soi : la bonne décision peut faire traverser un moment d’instabilité, de remise en question douloureuse mais elle produit la paix, la joie intérieure, elle oriente vers plus d’amour et aide à sortir de soi-même pour le bien de la communauté humaine.

Trouver de bons conseillers, se faire accompagner est nécessaire. Un bon conseiller n’est pas celui qui me dicte ce que je dois faire, mais qui m’aide, à travers différentes étapes, à découvrir ce que le Seigneur attend de moi dans le moment précis où je me trouve.

Le discernement concerne aussi les jeunes (ce numéro d’Église du Lot consacre aux jeunes tout un dossier) qui se trouvent face à un choix de vie : célibat ou mariage ? travail professionnel, engagement social ou vocation ? A quoi le Seigneur m’appelle-t-il ? Quels sont mes désirs ? Mes aptitudes ? Quels signes ai-je perçu ? Quels appels ai-je cru entendre ? Que produisent en moi et dans ma vie les différents choix que j’ai déjà posés : paix, sérénité, enthousiasme ou trouble, désordre, dégoût ? Le pape François en organisant le synode sur les jeunes, la foi et le discernement des vocations nous engage à mettre au centre de la pastorale des jeunes l’éducation au discernement à la lumière de la foi au Christ. C’est une clé pour toute vie chrétienne dans le siècle où nous vivons.

Mgr Laurent Camiade, évêque du diocèse de Cahors

Sommaire :
- P. 2 : Editorial de Mgr Camiade
- P. 3 : Passage / Père Lachièze-Rey
- P. 3 : Lettre du Brésil / Père Hahusseau
- P. 4 à 9 : Dossier : La coordination de la pastorale des jeunes
- P. 10 à 11 : La dignité de la personne humaine / Serge Clerget
- P. 12 : Colloque du 9 juin Alain de Solminihac
- P. 12 : Alain de Solminihac, ouvrage illustré
- P. 13 : Alain de Solminihac, une figure marquante du Quercy / André Décup
- P. 14 : Nominations / Autorisations / Elections
- P. 14 : Sur l’agenda de l’évêque
- P. 15 : Pèlerinages en 2018 du diocèse de Cahors
- P. 16 : Dans votre agenda
- P. 16 : Collecte du Denier 2018
- P. 16 : Je soutiens l’église dans sa mission

La revue "Eglise du Lot" est téléchargeable sur le lien ci-dessous :

Eglise du Lot N°2

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