Retour sur le pélé en Terre Sainte

Marcher sur les pas de Jésus et des Apôtres est une grande grâce.
Nous avons pu revoir tous ces lieux dont nous entendons si souvent parler en méditant l’Évangile, Nazareth et la grotte de l’Annonciation, Bethléem, le champ des bergers et la grotte de la nativité, quelques espaces du désert, le Jourdain (un des lieux possible du baptême de Jésus), Jéricho (ville où Jésus a visité Zachée chez lui et où il a changé de vie pour l’orienter vers la justice) et Jérusalem où tant d’événements bibliques ont eu lieu.
Mais vingt siècles ont passé et des millions de personnes ont marché et aussi vécu sur cette même terre. L’histoire du monde aujourd’hui semble garder un rapport symbolique très fort avec ce qui se vit en Israël/Palestine. Notre pèlerinage a été singulièrement marqué par la nouvelle des attentats de Paris survenus alors que nous arrivions à Nazareth. Ces terribles nouvelles nous ont donné la responsabilité de porter ces événements dans notre prière et dans nos cœurs. Ils ont aussi ajouté un grand relief aux rencontres que nous avons pu faire, avec notre guide, chrétien arabe palestinien ; notre chauffeur, musulman palestinien ; Cyril, intellectuel juif, Israélien, professeur d’université ; Marie-Armelle Beaulieu, journaliste à Jérusalem ; le père Olivier-Thomas Venard, vice-directeur de l’école biblique et archéologique de Jérusalem ; Mgr Giacinto-Boulos Marcuzzo, vicaire patriarcal latin à Nazareth ou enfin le frère Olivier de l’abbaye olivétaine d’Abou-Gosh qui passe sont temps à faire dialoguer les identités multiples qui gravitent autour de l’abbaye. La variété et la richesse des témoignages, ajoutées à la beauté des vestiges et aux attitudes diverses des nombreux pèlerins et habitants nous ont permis de voir que la Terre Sainte reste une terre habitée où la foi transpire. Par-delà les conflits ou les tensions, c’est une terre sur laquelle, aujourd’hui encore, Dieu nous parle. Il nous montre nos incohérences et révèle la vanité de nos violences et de nos arrogances mais surtout nous appelle à la liberté et à la paix. Nous sommes rentrés pleins de vie et d’espérance, sans naïveté, mais avec le désir de témoigner du Christ ressuscité !

Laurent Camiade


Autour de l’évêque de Cahors, une cinquantaine de lotois a suivi l’itinéraire des pas du Christ depuis Bethléem jusqu’à la montée de Jérusalem. De Nazareth, lieu de l’Annonciation à Jérusalem, en passant par le lac de Tibériade, les rives du Jourdain, Jéricho, le mont des Béatitudes, ces sites sacrés se dévoilent au fil de l’évocation vivante du chemin du Christ.

Bethléem d’abord, une bourgade nichée au creux des collines ocre et sable du désert. Ici, Marie, toute jeune, 14 ans pense-t-on, est accueillie avec son époux par des parents de Joseph. Comme dans toutes les maisons de l’époque, la salle commune jouxte l’étable.
Sur le point d’accoucher, Marie cherche un lieu tranquille où se retirer. Le séjour étant plein, elle choisit naturellement l’étable. Le Messie qui naît ici apporte joie aux pauvres.
Joseph et Marie prennent ensuite le chemin de Nazareth où l’enfant grandit, apprenant les gestes qu’il voit faire, ceux d’un artisan en bois.
Jésus a vécu sur cette terre qu’il a aimée. Un être jeune, éclatant, bouleversant les foules, n’échangeant pas dans les synagogues, mais toujours en plein air, parcourant d’un pas allègre les routes de Galilée. On le retrouve sur un rivage, sous un figuier ou assis dans une barque, entouré d’enfants, de femmes et d’hommes vigoureux de son âge, toujours prêt à faire la noce et à consoler ceux qui pleurent. Il mange à la table des pêcheurs, entre chez le pharisien et le publicain. Il va vers les boiteux, les aveugles, les cœurs blessés. Comme l’a souligné Mgr Camiade : "Ici, le Dieu vivant vient d’une manière unique et décisive à la rencontre des hommes".
Les collines, les déserts, les rivages sont les témoins de ce Dieu d’Espérance. Au mont des Oliviers, les foules qui suivent Jésus font craindre aux autorités romaines qu’il soit un agitateur. Il dérange. Et ordonner sa crucifixion à la veille de Pâques est sensé calmer tout le monde. La crucifixion est le supplice courant à l’époque, un supplice d’esclave.
C’est ce visage de Dieu accessible à tous, terriblement humain, que le pèlerin vient chercher sur cette terre. Les pierres, si elles ne parlent pas, induisent. Elles restent des justificatifs palpables.
Sur cette terre d’incarnation, le pèlerin accueille la Bonne Nouvelle "pour témoigner auprès de nos frères de ce que nous avons reçu du Christ durant ces quelques jours" comme l’a exhorté l’évêque de Cahors au cours de la messe d’envoi du 19 novembre au monastère d’Abou Gosh.
André Décup

Prochain pèlerinage}

Avec pour thème : "Du pape François à Saint-François", il se déroulera du 10 au 15 octobre 2016
Contact : André Décup, directeur diocésain des pèlerinages / 06 81 20 24 01 / pelerinages@diocesedecahors.fr