Dernière chronique du Brésil

Des JMJ au goût de Rosaire : après les mystères joyeux vécus lors de nos premiers jours au Brésil, le temps des mystères douloureux est survenu. 60 heures de bus, 3 jours et 2 nuits, le ventre à l’envers pour la plupart d’entre nous ! Nous avons traversé tout le Brésil pour rallier Rio de Janeiro, immergés au milieu de 400 brésiliens survoltés. Choc des cultures et des habitudes, nous allons de surprises en surprises comme lors de notre visite au sanctuaire Notre-Dame d’Aparecida. Un "MarieLand" à ciel ouvert avec fête foraine et des centaines de marchands en tout genre. Tout est démesuré, surtout la basilique, alors que la statue vénérée en elle même ne mesure que quelques centimètres. Nous visitons la salle des miracles du sanctuaire : des milliers de têtes, de bras, de jambes en cire sont accrochés au plafond, ce sont ici les ex-voto, signes d’une piété fraîche et populaire.
Après deux jours passés à Cancao Nova, une communauté nouvelle hyper dynamique avec chaîne de télévision, radio et salle de messe digne d’un Zénith français, nous rallions Rio de Janeiro de nuit dans deux mini vans remplis jusqu’au toit par nos sacs de voyage. Nous arrivons sous une pluie battante qui nous accompagnera jusqu’au week-end. De mémoire de brésiliens il n’a jamais fait aussi froid à Rio de Janeiro. En bon pèlerin, nous avions tout prévu pour la cérémonie d’ouverture sur la plage de Copacabana : casquette, crème solaire, lunette de soleil, maillot de bain... Adieu ! ce fut polaire et k-way, mais il en fallait plus pour doucher notre enthousiasme ! Dès mardi, l’évêque de Rio place la barre :"ces JMJ sont historiques, ce sont les premières dans l’histoire de l’Eglise avec un Pape non européen, un Pape de chez nous !". Et ce Pape, les jeunes l’aiment ! Nous sommes des millions à l’attendre. C’est le début des mystères glorieux. L’ambiance est euphorique. Nous l’accueillons le jeudi, durant une très belle cérémonie. Nous le voyons remonter lentement la mythique plage de Copacabana, il prend le temps de serrer des enfants ou des personnes handicapées dans ses bras, il se tend tellement hors de la Papamobile pour s’approcher au plus près de nous que plusieurs fois il manque de tomber. Chaque personne qu’il rencontre paraît être à ses yeux unique et il prend du temps avec chacune. Son ton est direct, ses discours souvent en trois points, il nous interpelle lors du chemin de croix :" qui voulez vous être Ponce Pilate ou Simon de Cyrène ? Celui qui se lave les mains de Jésus ou celui qui l’aide à porter sa croix ?" Plusieurs fois il fait référence aux paradis artificiels, aux drogues, aux sectes. Il apostrophe les prêtres pour leur demander d’être de bons accompagnateurs pour les jeunes et non "pas ceux qui les détournent de la foi voire même de Dieu". Il nous réveille, nous demande d’être des disciples du Christ, c’est à dire de mettre Jésus au cœur de notre vie. Avec lui, il nous demande de répéter : "bote fe, bote esperenza, bote amor", "mets la Foi, mets l’espérance, mets l’Amour" dans ta vie. Les Brésiliens ont mis tout leur cœur et leur créativité à préparer ces cérémonies, elles sont franchement belles et touchantes, modernes aussi, avec spectacles sons et lumières, chorégraphies et des moyens scéniques impressionnants.
Nos journées à Rio commencent chaque matin par une catéchèse, un enseignement donné par un évêque (on a eu un évêque africain et l’évêque de Guyane qui a dû gérer l’accident de bus de la délégation parisienne) et même un cardinal puisque Mgr André Vingt-Trois, archevêque de Paris, nous a fait le dernier enseignement sur la notion de missionnaire. C’est aussi le cardinal qui fait faire à Mathieu et Benjamin, deux jeunes de notre groupe, leur première communion, la messe est animée par le groupe des Batignolles de Paris. C’est le feu, un des moments forts de nos JMJ. " Petit j’ai été baptisé, Dieu m’a alors donné un ticket de train, mais je suis arrivé en retard à la gare et je n’ai pas pris le train. Dehors j’ai trouvé de quoi m’occuper et m’amuser, une multitude de distractions. Aujourd’hui j’ai le sentiment que Dieu me donne un deuxième ticket de train et cette fois je suis arrivé à l’heure à la gare. Maintenant il ne me reste plus qu’à voir où ce train me mènera" témoigne Mathieu, 28 ans. L’après-midi nous courons visiter le Pain de Sucre et autres lieux emblématiques de Rio puis vers 19h nous retrouvons le Pape. Le samedi nous partons pour la veillée qui finalement a aussi lieu sur Copacabana, car le campus Fidei (le champ de la foi) est inondé. C’est mythique ! Nous sommes des millions sur cette vaste plage splendide, il fait beau, les rouleaux des vagues nous défoulent, puis le Pape arrive une avant dernière fois. La veillée est ponctuée de témoignages poignants, de chants et de danses. Toute la presse brésilienne titre : " Rio : centre de l’Église vivante et jeune". Nous dormons sur place, pleine lune sur Copacabana, les brésiliens du bus et de notre première semaine nous rejoignent. Les JMJ touchent à leur fin. 9h du matin le Pape arrive pour la messe d’envoi :" Allez de toutes les nations, faites des disciples. Jésus ne te dit pas Vas-y toi tout seul, il dit "Allez". C’est ensemble que nous sommes missionnaires !". Il obtient de 3 millions de personnes réunis sur une plage mythique, un silence de plusieurs minutes, la foule se recueille, la cérémonie est priante, c’est presque une prouesse dans ces conditions. Il nous quitte en dessinant un cœur de ses mains, et toute la foule scande : "esta es la juventud del papa ! Ainsi est la jeunesse du Pape". Nous finissons nos JMJ par la visite du Christ Rédempteur au Corcovado qui culmine à plus de 700 mètres de hauteur et embrasse littéralement Rio de Janeiro. Une photo de groupe, une prière ensemble et déjà il est temps de redescendre pour boucler nos sacs de voyages. Il y aurait encore tant d’anecdotes et de détails à vous raconter pour vous faire savourer et partager ce que nous avons vécu ici au Brésil, mais en réalité les Journées Mondiales de la Jeunesse, c’est comme l’Évangile, ça se vit. Les prochaines seront en 2016 à Cracovie en Pologne.

Soutenir par un don