Chronique brésilienne

Nous sommes bien arrivés. Début du "Pelé" complètement dépaysant ! Notre pèlerinage au Brésil a commencé à Rocamadour, samedi 13 juillet à 10 heures du matin avec la bénédiction de notre évêque Mgr Turini et l’envoi sous la protection de la Vierge Noire.
C’est parti pour 6 heures du bus (Rocamadour - Paris) puis 12 heures d’avion (Paris - Sao Paulo),. Ajoutons 5 heures d’escale + 3 heures d’avion (Sao Paulo - Aracaju) et enfin 2 heures de bus (Aracaju - Propria), c’est 40 heures de voyage durant lesquelles nous avons largement le temps de rêver à ce que sera notre arrivée.

Le groupe à Rocamadour avant le grand départ

On nous a dit : ¨les brésiliens sont chaleureux¨, ¨les brésiliens sont décomplexés¨ etc. Mais pouvions-nous sincèrement nous attendre à un tel accueil ?
A la descente de l’avion, l’Évêque de Propria Don Mario, le consul de France et...la télévision brésilienne sont sur le parvis de la cathédrale. Groupe de musique, sonorisation à fond, une centaine de jeunes brésiliens chantent et dansent. Nous nous joignons à eux, 2 heures durant.

.L’Évêque en tenue, finit par s’asseoir sur le parvis et nous regarde un grand sourire sur les lèvres. Quel début de messe : du jamais vu pour nos yeux de jeunes français ! Toute la liturgie est chantée à pleins poumons et la sonorisation toujours à son maximum. Enormément de jeunes, des enfants courent devant l´autel, toutes les portes sont grandes ouvertes. L’église donne l’impression d’être leur maison, comme s’ils étaient ¨chez eux¨. Les applaudissements sont fréquents.

La messe

Ils nous prennent sans cesse en photos.
Propria est un diocèse rural, la plupart des habitants sont agriculteurs. C’est de ce lieu qu’est parti le mouvement des ¨Sans terre¨.
L’évêque dispose de 28 prêtres pour 340 000 habitants. Après le dynamisme vécu durant la célébration, nous constatons que la réalité est plus contrastée : l’Église est omniprésente mais il y a de moins en moins de baptisés, 80% ici, 50% a Rio de Janeiro.

La religions catholique est surtout concurrencée par une multitude de sectes venues essentiellement d’Amérique du Nord. Les communautés religieuses sont légions. A Propria nous dormons dans celle ¨de l’œuvre de Marie¨. Les journaux commencent à faire leur Une sur la venue du Pape et les attentes qu’elle suscite. Nous découvrons que la première d’entre elle concerne le social, réduire la pauvreté, lutter contre la violence. C’est ce que les chrétiens attendent ici de l’Église. Cela nous surprend sur le moment mais très vite nous constatons que ces deux réalités sont terriblement visibles, que ce soit le long des routes ou en périphérie des villes. 4 planches de bois et un toit de tôle servent de maison à des familles, les détritus s’amoncellent. l’Évêque Don Mario nous confie qu’il y a dans cette région 600 homicides par an, 40 000 pour l’ensemble du Brésil, la plupart liés à du trafic de drogue. Le lendemain nous l’accompagnons visiter son ¨bijou¨, son ¨béb騠: la Ferme de l’Espérance. 11 hectares de terre sur lesquelles paissent des vaches et des chèvres mais où vivent surtout 21 toxicomanes. Le but de ce lieu est de les réinsérer par la spiritualité et le travail.

A la ferme de l’espérance

. Ils sont ici pour un an minimum : 3 mois de sevrage puis réapprentissage petit a petit du travail et de la vie fraternelle. Nous rencontrons Léandro présent ici depuis 6 mois. Agé de 17 ans il en parait 10 de plus. Hier il a reçu la visite de sa maman la première depuis qu’il est ici, ce qui le rend très heureux. Incollable sur la drogue, il nous explique comment des l’âge de 12 ans, il prenait du crack avec une bouteille de Coca Cola percée et une paille. Léandro n’avait pas la Foi en venant ici. Avec l’ultimatum du juge : ferme ou la prison. Léandro voit cela comme une signe de Dieu. Il nous explique que chaque matin, une phrase de l’évangile est réellement vécue ! C’est cela qui change tout : Vivre la Parole de Dieu".
Les pensionnaires viennent de tout le Brésil avec des points commun : ce sont des hommes qui ont vécus des ¨traumatismes¨ ; c’est ainsi qu’ils nomment leur passé.
"A l’age de 3 ans, mon père a détruit ma famille... quand tu grandis le système est organisé et très tôt, on te fait prendre de la drogue. Comme tu veux fuir ta situation, tu en prends beaucoup et c’est l’engrenage...¨.
¨Ici on soigne le traumatisme avant de soigner la conséquence¨ poursuit Léandro. Il existe au Brésil 90 fermes de l’Espérance. Nous restons toute la matinée avec eux et nous déjeunons ensemble. Cette rencontre nous touche beaucoup, tous sont très ouverts et attentifs à nous. Nous partons ensuite pour Passo Redondes où nous allons rester la semaine entière pour mener des actions humanitaires, hébergés dans des familles.

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