Rencontre sur la protection des mineurs dans l’Eglise

Du 21 au 24 février 2019, le pape François a réuni les présidents des Conférences épiscopales du monde entier sur la question de la « Protection des mineurs dans l’Eglise ».

- KTO : 13 minutes pour tout comprendre :

KTO / Edition spéciale du 21/02
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- Discours de clôture du Pape

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- Message du Pape en ouverture du sommet pour la Protection des Mineurs :

« Chers frères, bonjour !

Face au fléau des abus sexuels perpétrés par des hommes d’Église contre des mineurs, j’ai pensé vous consulter vous, Patriarches, Cardinaux, Archevêques, Évêques, Supérieurs religieux et Responsables, afin que tous ensemble nous nous mettions à l’écoute de l’Esprit Saint, et que dociles sous sa conduite nous écoutions le cri des petits qui demandent justice.

Le poids de la responsabilité pastorale et ecclésiale qui nous oblige à discuter ensemble de manière synodale, sincère et approfondie sur la façon d’affronter ce mal, qui afflige l’Église et l’humanité, pèse sur notre rencontre. Le saint Peuple de Dieu nous regarde et attend de nous, non pas de simples et faciles condamnations, mais des mesures concrètes et efficaces à préconiser. Il faut être concret.

Commençons donc notre parcours, armés de la foi et de l’esprit de la plus grande parresia, de courage et du sens du concret. Comme aide, je me permets de partager avec vous certains critères importants, formulés par diverses Commissions et Conférences épiscopales – elles proviennent de vous, je les ai un peu énumérées…–. Ce sont des lignes-guides pour aider notre réflexion qui vous sont remises maintenant. C’est un simple point de départ, qui provient de vous et retourne à vous, et qui ne s’oppose pas à la créativité qu’il doit y avoir au cours de cette rencontre.

En votre nom aussi, je voudrais remercier la Commission Pontificale pour la Protection des Mineurs, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et les membres du Comité d’organisation pour l’excellent travail réalisé avec un grand dévouement, lors de la préparation de cette rencontre. Merci beaucoup.

Enfin, je demande à l’Esprit Saint de nous soutenir durant ces jours et de nous aider à transformer ce mal en une opportunité de prise de conscience et de purification. Que la Vierge Marie nous éclaire pour que nous cherchions à soigner les graves blessures que le scandale de la pédophilie a causées aussi bien chez les petits que parmi les croyants.
Merci ! »

Sources : Eglise Catholique de France / Conférence des Evêque de France

Mgr Georges Pontier, « président de la Conférence des évêques de France », sera à Rome pour cette occasion.
Il a tenu, quelques jours avant ce rendez-vous, à rencontrer des personnes victimes d’actes de pédophilie commis par des clercs pour entendre leurs profondes blessures psychologiques et spirituelles et rappeler que face à ce fléau, la priorité de l’Eglise reste l’accueil, l’écoute et l’accompagnement des victimes

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- Célébration pénitentielle : examen de conscience et confession des péchés


- Témoignages
Dans le cadre de la rencontre des évêques du monde entier pour la protection des mineurs, le Saint Siège a publié cinq témoignages de victimes.

Premier témoignage
Tout d’abord, je voudrais remercier la Commission de m’avoir permis de m’adresser à vous aujourd’hui, ainsi que le Saint-père pour tout le soutien et l’assistance qu’il nous a donnés ces derniers moments. Ils me demandent de parler de la douleur suite aux abus sexuels. Tout le monde sait que l’abus sexuel laisse une conséquence énorme pour toutes les personnes. Je crois donc qu’il ne vaut pas la peine de continuer à en parler parce que les conséquences sont évidentes, à tous égards, et demeurent pour le reste de leur vie.
Je voudrais plutôt parler de moi-même comme catholique, de ce qui m’est arrivé et de ce que je voudrais dire aux évêques. Pour un catholique, la chose la plus difficile est de pouvoir parler d’abus sexuels, mais une fois que l’on prend courage à aller raconter – dans notre cas, je parle de moi – la première chose que j’ai pensé était : je vais tout raconter à la Sainte Mère Eglise, où ils vont m’écouter et me respecter. La première chose qu’ils ont fait était de me traiter de menteur, de me tourner le dos et dire que moi et d’autres étions des ennemis de l’Eglise. Il s’agit d’un modèle qui non seulement s’est produit au Chili, mais s’est passé dans le monde entier, et cela doit cesser.
Je sais qu’ils sont là parlant de mettre un terme à ce phénomène et comment l’empêcher de se produire à nouveau et comment réparer tous ces dommages. D’abord, le pardon faux, le pardon forcé ne fonctionne pas. Les victimes ont besoin d’être considérées, respectées, soignées et réparées. Vous devez guérir les victimes, vous devez être avec elles, vous devez les croire, vous devez les accompagner. Vous êtes les docteurs des âmes et pourtant, à de rares exceptions près, vous vous êtes convertis, dans certains cas, en meurtriers des âmes, en assassins de la foi. Quelle terrible contradiction. Je me demande ce que Jésus pense, ce que Marie pense, quand elle voit ses propres pasteurs, être ceux qui trahissent les brebis. Je vous demande, s’il vous plaît, de coopérer avec la justice, de prendre particulièrement soin des victimes, que ce qui se passe au Chili, c’est-à-dire ce que fait le Pape au Chili, se répète comme un modèle dans d’autres pays du monde.
Nous voyons chaque jour la pointe de l’iceberg, quand l’église a voulu dire que c’est fini, les cas continuent à émerger, pourquoi ? Parce que vous procédez comme quand vous voyez un cancer, vous devez traiter tout le cancer, ne pas enlever la tumeur, vous devez faire la chimiothérapie, vous devez faire la radiothérapie, vous devez faire des traitements. Ce n’est pas enlever la tumeur et c’est fini. Je vous demande d’entendre ce que le Saint-père veut faire, de ne pas accepter de la tête et faire autre chose après, tout ce que je demande, c’est que, et je le demande au Saint-Esprit, qu’il aide à rétablir la confiance dans l’Eglise, que ceux qui ne veulent pas entendre l’Esprit Saint et ceux qui veulent continuer à couvrir, qu’ils s’en aille de l’église, pour céder la place à d’autres qui veulent une nouvelle église, une église renouvelée et une église absolument exempt d’abus sexuels. Je confie tout cela à la Vierge, au Seigneur pour que tout cela devienne une réalité. Mais nous ne pouvons pas continuer ce crime, de couvrir ce fléau d’abus sexuels dans l’église. J’espère que le Seigneur et Marie vous éclaireront, et qu’une fois pour toutes, nous collaborerons avec la justice, et nous extirperons ce cancer de l’église, parce qu’il veut en finir avec l’église. Et c’est ce que veut le démon. Je vous remercie.

L’ensemble des témoignages à retrouver, ici.

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