Vivre le Carême et la semaine Sainte en confinement

Que vous dire et surtout comment vous l’écrire ? Il faut croire que l’inspiration était elle aussi confinée... C’était sans compter sur la Providence et ma tante Marie qui a envoyé sur le WhatsApp familial une vidéo de ce cher Jean d’Ormesson, ce génie de la littérature qui savait s’émerveiller de tout.

"Vivre est une catastrophe et c’est un grand bonheur. Le monde a toujours été difficile, mais il faut toujours garder l’espérance. Merci pour les roses ! Merci pour les épines !" Jean d’Ormesson.

Certes par cette citation, nous pourrions penser que le monde, notre existence est assez paradoxale ou du moins binaire.

Il y a le jour ; il y a la nuit.
Il y a le bruit ; il y a le silence.
Il y a la vie ; il y a la mort...

Ce sont ce que nous pouvons appeler des vérités vraies. Merci Monsieur De La Palice...
Ce serait tout de même omettre que lorsque l’un finit, l’autre commence et cela de façon indéfinie. Saint Grégoire de Nysse écrivait que nous allions de « commencements en commencements » N’est ce pas merveilleux ? Tout recommence, et pourtant rien ne se ressemble. Rien ne peut nous déterminer ou conditionner. C’est ainsi que le monde détient sa beauté qui n’en demeure pas moins une énigme.

Pour que la rose dévoile toute sa splendeur, il nous faut affronter ses épines au risque de se piquer. Pour connaitre en profondeur, ne nous faudrait-il pas passer par l’épreuve et l’effort ? Elle est là la catastrophe de notre existence. Le sens de la vie, la vérité, Dieu se laissent deviner, se révèlent à nous sans que nous en ayons toutes la capacité de compréhension. La vie est une énigme qui dévoile sa beauté dans un ordre de grandeur qui nous dépasse.

L’Évangile de dimanche dernier est le récit de la résurrection de Lazare mort trop tôt, trop jeune. Bien sur, il y a dans ce passage l’annonce que Dieu va lui aussi passer par l’épreuve et la souffrance de la Passion et de sa mort sur la croix avant de Ressusciter. C’est le passage obligé pour qu’Il nous élève à la gloire de la vie éternelle. Ses disciples ont besoin de signes particuliers afin de croire et d’être les témoins efficaces de la Bonne Nouvelle.
Ces signes sont aussi les nôtres pour notre foi.
Il y a une exhortation de Jésus envers Lazare assez troublante après que ce premier ait fait ouvrir le tombeau de son ami. "Lazare, vient dehors !" et le mort sortit... Elle est aussi une invitation pour nous aujourd’hui. (Ne la prenons pas à la lettre. Restons confinés !!!) Le Christ nous invite à aller dehors ! à sortir ! Alors, sortons de nos certitudes, de nos obscurités qui peuvent nous empêcher de nous émerveiller de la beauté de la vie, même si nous ne sommes pas en mesure d’y mettre la main totalement. Sortons de tout ce qui peut nous empêcher de grandir dans la conviction que Dieu reste présent à notre monde, même si nous ne percevons pas toujours sa manière d’agir.

Ma prière vous accompagne.

Père Jean-Baptiste Digeon

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